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Quelle est la probabilité qu’un système série tombe en panne en moins d’un an ?

Exemple traité · Fiabilité des équipements · Mis à jour en octobre 2026

Dans cet exemple, 79,0 % des unités neuves tombent en panne au cours de leur première année de fonctionnement continu (8 760 heures) : une unité de quatre composants en série s’arrête à la première défaillance d’un composant, et ne fonctionne donc une année entière que si les quatre pièces tiennent. Une simulation de Monte-Carlo de 20 000 unités donne 78,97 %, contre 79,05 % en valeur exacte.

Les quatre composants sont une pompe, un moteur, un joint et un roulement, chacun avec une durée de vie de Weibull. La probabilité exacte d’une défaillance en un an est 1 − Π exp(−(t/échelle)forme) = 79,05 %, le produit portant sur les quatre pièces. La durée de vie moyenne est de 5 712 heures (valeur exacte : 5 696), et 10 % des unités tombent en panne en moins de 1 091 heures. Le joint, avec l’échelle la plus courte et une forme proche de 1, est la pièce qui défaille en premier dans 71,0 % des unités.

Le modèle

Le fichier n’a qu’une feuille, Fleet, avec une ligne par composant : Pump (pompe), Motor (moteur), Seal (joint) et Bearing (roulement), aux lignes 2 à 5. Chaque ligne contient la forme de Weibull du composant (colonne B), son échelle en heures (colonne C) et une cellule Life (h), la durée de vie en heures (colonne D). Deux formules font le reste. System life (h), la durée de vie du système, en D7, vaut =MIN(D2:D5) : les composants sont en série, donc l’unité s’arrête à la première défaillance. Fails within a year, la défaillance en moins d’un an, en D8, vaut =IF(D7<8760,1,0), soit 1 lorsque l’unité tombe en panne en moins de 8 760 heures, une année de fonctionnement jour et nuit, et 0 sinon. Aucune fonction de complément n’est utilisée.

Pour la simulation, chaque cellule Life est une entrée tirée dans une distribution de Weibull ayant la forme et l’échelle de sa ligne, et D7 et D8 sont les sorties. Ces distributions font partie de la configuration qui s’ouvre avec l’exemple dans xellstorm, où les formes et les échelles sont saisies avec les mêmes nombres que les colonnes B et C ; elles ne sont pas liées à ces cellules : modifier la colonne B ou C dans Excel ne change donc pas la simulation. Dans le fichier à télécharger, chaque cellule Life contient l’échelle du composant comme valeur provisoire, que chaque itération remplace par une durée de vie tirée. L’exemple définit aussi un objectif : une durée de vie du système inférieure à 8 760 heures.

Composants : durées de vie de Weibull en heures, chaque pièce prise seule
ComposantFormeÉchelleDurée de vie moyenneDéfaillance en moins d’un an
Pompe1,520 00018 05525,2 %
Moteur2,030 00026 5878,2 %
Joint1,28 0007 52567,2 %
Roulement2,525 00022 1827,0 %

Pour chaque pièce, sa forme et son échelle déterminent deux chiffres : la probabilité de défaillance en un an si elle fonctionnait seule (par la formule de survie de la section suivante) et la durée de vie moyenne, aire sous sa courbe de survie.

La solution exacte : multiplier les probabilités de survie

Une durée de vie de Weibull a deux paramètres. L’échelle est l’âge auquel 63,2 % des pièces sont défaillantes, quelle que soit la forme. La forme indique comment le taux de défaillance évolue avec l’âge : inférieure à 1, il diminue (défaillances précoces) ; égale à 1, il reste constant (défaillances aléatoires, distribution exponentielle) ; supérieure à 1, il augmente à mesure que la pièce s’use. La probabilité qu’une pièce fonctionne encore à l’âge t est exp(−(t/échelle)forme).

Dans un système série, chaque pièce doit survivre ; avec des pièces indépendantes, les probabilités de survie se multiplient. Au bout d’un an, la pompe fonctionne encore avec une probabilité de 74,8 %, le moteur 91,8 %, le joint 32,8 % et le roulement 93,0 %. Leur produit, 20,95 %, est la probabilité que l’unité fonctionne toute l’année ; elle tombe donc en panne dans l’année avec une probabilité de 79,05 %. En une formule : P(défaillance avant t) = 1 − exp(−Σ (t/échelle)forme).

Le temps moyen avant défaillance (MTTF) est l’aire sous la courbe de survie du système, l’intégrale de exp(−Σ (t/échelle)forme) de zéro à l’infini. Elle n’a pas d’expression simple quand les formes diffèrent, mais une intégrale numérique donne 5 696 heures, soit moins que la durée de vie moyenne de n’importe quelle pièce prise seule, même celle du joint (7 525 heures) : l’unité s’arrête toujours à la première de quatre défaillances.

Résultats

La simulation tire une durée de vie pour chacune des quatre pièces à chaque itération, laisse le fichier retenir la plus courte, puis compte. Avec 20 000 itérations, elle retrouve les valeurs exactes : 78,97 % des unités tombent en panne en moins d’un an contre 79,05 %, un écart inférieur à une erreur type de la simulation (0,29 point de pourcentage), et la moyenne simulée de 5 712 heures est à moins d’une erreur type (30 heures) de la valeur exacte, 5 696.

Durée de vie du système, en heures : 20 000 unités simulées et formules exactes
MesureSimuléValeur exacte
Probabilité de défaillance en moins d’un an (8 760 h)78,97 %79,05 %
Durée de vie moyenne (MTTF)5 7125 696
P10, durée de vie B10 (10 % sont défaillantes)1 0911 086
P50, durée de vie médiane4 7694 759
P90 (90 % sont défaillantes)11 62411 610
Distribution de la durée de vie du systèmeHistogramme de 20 000 durées de vie simulées du système, en heures. Les barres en dessous d’un an (8 760 heures), soit 79,0 % des unités, sont mises en évidence ; la durée de vie moyenne est de 5 712 heures.010 00020 00030 000Moyenne 5 712 hEn moins d’un an : 79,0 %
Durée de vie du système en heures ; chaque barre compte des unités simulées. Les barres à gauche d’un an (8 760 heures) sont les unités qui tombent en panne dans l’année. La longue queue à droite contient les rares unités dont les quatre pièces durent.
Probabilité que le système soit défaillant à un instant donné (courbe en S)Courbe en S de la durée de vie du système : 10 % des unités sont défaillantes à 1 091 heures, la moitié à 4 769 heures et 79,0 % à un an (8 760 heures).0 %50 %100 %010 00020 00030 000P10 1 091 hP50 4 769 h79,0 % à 8 760 h
Lisez la courbe en S comme la probabilité qu’une unité neuve soit défaillante à un nombre d’heures donné : 10 % à 1 091 (durée de vie B10), la moitié à 4 769, 79,0 % à un an.

Le P10 de la durée de vie du système s’appelle aussi durée de vie B10, l’âge auquel 10 % des unités sont défaillantes : 1 091 heures ici, soit environ 45 jours de fonctionnement continu, bien moins que la moyenne. Les durées de vie sont asymétriques vers la droite : la moitié des unités tombent donc en panne en moins de 4 769 heures, avant la moyenne de 5 712. Voir P50, P80 et P90 pour la lecture des centiles.

Quel composant arrête le système

À chaque itération, la pièce à la durée de vie la plus courte est celle qui a arrêté l’unité. Les compter donne la part de chaque pièce dans les défaillances ; la part exacte est l’intégrale, sur tous les âges, du taux de défaillance de cette pièce multiplié par la survie du système.

Quel composant défaille en premierPart des unités simulées dans lesquelles chaque composant est le premier à défaillir : Joint 71,0 %, Pompe 18,0 %, Moteur 5,7 %, Roulement 5,3 %.Joint71,0 %Pompe18,0 %Moteur5,7 %Roulement5,3 %
Part des 20 000 unités simulées dans lesquelles chaque composant défaille en premier et arrête le système.
Le composant qui arrête le système
ComposantDéfaille en premier, simuléValeur exacteContribution à la variance
Joint71,0 %70,8 %92,3 %
Pompe18,0 %18,2 %7,1 %
Moteur5,7 %5,6 %0,4 %
Roulement5,3 %5,4 %0,2 %

Le joint défaille en premier dans 71,0 % des unités (valeur exacte : 70,8 %), et dans 74,5 % des unités qui tombent en panne la première année (valeur exacte : 74,2 %). La pompe vient en deuxième avec 18,0 %. La contribution à la variance de xellstorm, estimée à partir des rangs des itérations comme l’affiche l’application, dit la même chose : sur la variation de la durée de vie du système qu’expliquent les entrées, le joint en représente 92,3 %, loin devant les 7,1 % de la pompe. Dans le diagramme en tornade, qui place une entrée à la fois à son P10 puis à son P90 avec les autres à leur médiane, seuls le joint et la pompe font bouger la durée de vie du système ; le moteur et le roulement survivent à un joint médian même à leur propre P10. Voir diagrammes en tornade et analyse de sensibilité.

Pourquoi le joint domine : des défaillances proches du hasard

Deux éléments font du joint le maillon faible. Son échelle de 8 000 heures est la plus courte des quatre et inférieure à un an : seul, il tombe donc en panne dans l’année avec une probabilité de 67,2 %. Et sa forme de 1,2, la plus proche de 1, signifie que son taux de défaillance ne croît que lentement avec l’âge, près du taux constant des défaillances aléatoires : sur une année, un joint qui a déjà fonctionné un an ne risque que légèrement plus de tomber en panne qu’un joint neuf (voir le tableau ci-dessous). Le roulement, de forme 2,5, tombe rarement en panne jeune : ses défaillances arrivent avec l’usure, et dans la plupart des unités une autre pièce a déjà lâché à ce moment-là ; le roulement n’arrête donc que 5,3 % d’entre elles.

La forme décide de ce que la maintenance peut faire. Comparez une pièce neuve à une pièce qui a déjà fonctionné un an sans défaillir :

Probabilité de défaillance au cours de l’année suivante : une pièce neuve contre une pièce qui a déjà fonctionné un an sans défaillir (valeurs exactes)
ComposantFormePièce neuveAprès un an sans panneRapport
Joint1,267,2 %76,5 %1,1×
Pompe1,525,2 %41,1 %1,6×
Moteur2,08,2 %22,6 %2,8×
Roulement2,57,0 %28,7 %4,1×

Un joint qui a survécu un an défaille l’année suivante avec une probabilité de 76,5 %, contre 67,2 % pour un joint neuf : l’âge ajoute peu. Un roulement qui a survécu un an a 4,1 fois plus de risques de défaillir l’année suivante qu’un roulement neuf (28,7 % contre 7,0 %). Remplacer les pièces à un âge fixe est rentable lorsqu’elles s’usent, comme le roulement ; pour une pièce dont les défaillances sont proches du hasard, une pièce neuve n’est guère plus sûre que l’ancienne.

Ce que le responsable de maintenance en tire

Ce que suppose le modèle

Les quatre durées de vie sont indépendantes, chaque pièce démarre neuve, et l’unité fonctionne jour et nuit. La probabilité de cette page est celle d’un premier arrêt dans la première année d’une unité neuve : après une réparation, les autres pièces ne sont plus neuves, et le nombre d’arrêts par an exige donc un modèle de réparations, que le fichier peut intégrer avec quelques cellules de plus. Une cause commune, comme une contamination qui raccourcit ensemble les durées de vie du joint et du roulement, se modélise par une corrélation de rang entre leurs entrées. Les formes et les échelles proviennent de données de défaillance et sont elles-mêmes incertaines ; si vous avez observé des durées de vie de pièces défaillantes, l’onglet From data (à partir de données) à côté de chaque entrée, à l’étape Distributions, ajuste une distribution de Weibull, entre autres familles, par maximum de vraisemblance. Il traite chaque valeur comme une durée de vie achevée et ne peut pas utiliser les unités encore en fonctionnement (données censurées). Ajuster seulement les défaillances sous-estime alors les durées de vie, fortement quand de nombreuses unités fonctionnent encore ; dans ce cas, estimez la forme et l’échelle avec une méthode qui gère les suspensions, puis saisissez-les.

Essayez vous-même

  1. Ouvrez le modèle dans xellstorm. Les quatre cellules Life sont des entrées, D7 et D8 sont les sorties, et une durée de vie du système inférieure à 8 760 heures est l’objectif ; rien à installer et aucune inscription, et le fichier est calculé dans votre navigateur.
  2. Lancez la simulation : avec la même graine et 20 000 itérations, vous obtenez les nombres de cette page. Pour la durée de vie du système, les résultats affichent la moyenne, la probabilité d’atteindre l’objectif (79,0 %), le P10 (1 091) et la moyenne des 5 % de durées de vie les plus courtes ; le tableau des centiles va de P1 à P99.
  3. Survolez la courbe en S pour lire la probabilité qu’une unité soit défaillante au bout d’un nombre d’heures donné, ou saisissez une période dans la zone de probabilité, par exemple une garantie ou un intervalle de révision prévu, pour voir la probabilité d’une défaillance avant celle-ci.
  4. À l’étape Distributions, modifiez l’échelle du joint ou ajoutez un scénario pour un meilleur joint, puis relancez pour voir comment bouge la probabilité d’une défaillance en un an.
  5. Pour que la simulation lise les formes et les échelles dans la feuille, saisissez =B2 dans le champ de forme de la pompe et =C2 dans son champ d’échelle, et ainsi de suite pour chaque ligne. Ouvrez ensuite votre propre modèle de fiabilité et cliquez, sur la carte du modèle, sur les cellules dont vous n’êtes pas sûr.

Puis-je le faire avec Excel seul ?

La solution exacte, oui : pour un système série à durées de vie de Weibull, =1-EXP(-SUMPRODUCT((8760/C2:C5)^B2:B5)) dans ce fichier donne la probabilité d’une défaillance en un an, et =WEIBULL.DIST(8760,B4,C4,TRUE) donne celle du joint seul. Une simulation demande une durée de vie aléatoire dans chaque cellule Life, =C2*(-LN(1-RAND()))^(1/B2) (l’inverse de la fonction de répartition de Weibull), puis une table de données pour répéter le calcul et des formules pour le résumer. La simulation de Monte-Carlo dans Excel présente la méthode. La formule exacte cesse de fonctionner dès que le modèle fait plus que retenir la première défaillance, par exemple avec une pompe redondante ou un temps et un coût de réparation par arrêt ; une simulation du fichier gère tout ce que ses formules calculent.

Questions

Qu’est-ce qu’un système série en fiabilité ?

Un système série est un système qui s’arrête dès que l’un de ses composants tombe en panne, comme une chaîne qui casse à son maillon le plus faible. Sa durée de vie est la plus courte des durées de vie des composants et, avec des composants indépendants, sa probabilité de survivre à une période est le produit des probabilités de survie des composants ; il n’est donc jamais plus fiable que sa pièce la moins fiable.

Que signifient la forme et l’échelle de Weibull ?

L’échelle de Weibull est l’âge auquel 63,2 % des pièces sont défaillantes. La forme décrit comment le taux de défaillance évolue avec l’âge : inférieure à 1, il diminue (défaillances précoces) ; égale à 1, il est constant (défaillances aléatoires) ; supérieure à 1, il augmente (usure). Dans scipy et dans les fichiers de configuration de xellstorm, la distribution est weibull_min, avec la forme notée c, et l’application nomme les champs shape et scale ; la fonction WEIBULL.DIST d’Excel prend la forme comme alpha et l’échelle comme beta.

Qu’est-ce que la durée de vie B10 ?

La durée de vie B10 est l’âge auquel 10 % d’une population d’unités sont défaillantes, le 10e centile de la durée de vie. Cette mesure est courante dans les spécifications de roulements, où elle s’appelle L10, et dans la planification des garanties. Pour l’unité à quatre pièces de cet exemple, elle vaut 1 091 heures en simulation et 1 086 heures en valeur exacte, pour une durée de vie moyenne de 5 696 heures.

Pourquoi simuler quand il existe une formule exacte ?

La formule exacte d’un système série ne vaut que tant que le modèle est un système série de pièces indépendantes aux distributions de durée de vie connues. Les modèles de fiabilité réels ajoutent de la redondance, des pièces de rechange, des temps de réparation, des coûts d’indisponibilité ou des défaillances corrélées, et la formule ne s’applique alors plus. Cet exemple reste simple pour que la simulation puisse être vérifiée avec la formule ; la même simulation fonctionne sans changement sur un fichier qui calcule bien davantage.

De combien d’itérations une simulation de fiabilité a-t-elle besoin ?

Le bruit d’une probabilité simulée diminue avec la racine carrée du nombre d’itérations : avec 20 000 itérations, l’erreur type de la probabilité d’une défaillance en un an (79,0 %) est de 0,29 point de pourcentage. C’est l’erreur type de l’échantillonnage aléatoire simple ; l’échantillonnage par hypercube latin, utilisé par défaut, fait en général un peu mieux, et jamais moins bien quand le résultat évolue dans un seul sens avec chaque entrée, comme ici. Les événements rares, comme une défaillance dans les tout premiers jours, demandent bien plus d’itérations que les événements courants. xellstorm peut aussi poursuivre la simulation jusqu’à ce que la moyenne et les centiles se stabilisent dans une tolérance que vous choisissez.

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